Un mort toutes les neuf minutes : éliminer les cas de rage humaine d'ici à 2030

Selon les acteurs mondiaux de la santé humaine et animale, il faut investir de manière coordonnée en faveur de la vaccination de masse des chiens en tant qu'initiative de santé publique.

© OIE/M.J Gordoncillo

Santé publique

Les acteurs mondiaux de la santé humaine et animale ont lancé, le 22 septembre, un nouveau forum Tous unis contre la rage en vue d'éliminer les décès dus à la rage humaine d'ici à 2030. Cela passe par la vaccination de masse des chiens contre la maladie et la garantie de l'accès à un traitement préventif abordable pour les humains.

A l'occasion de la Journée mondiale contre la rage du 28 septembre, les dirigeants de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont annoncé un effort collectif pour éliminer les décès dus à la rage humaine d'ici à 2030.

Un nouveau forum Tous unis contre la rage a ainsi été lancé, le 22 septembre, en vue de progresser plus vite pour éliminer cette maladie qui tue encore une personne toutes les neuf minutes, la moitié des décès concernant des enfants.

Ce forum réunira des partenaires d'institutions gouvernementales, des secteurs de la santé animale et de la santé humaine, du secteur privé, de la société civile ainsi que de la recherche et des milieux universitaires. Il a pour but de déterminer plus précisément quels sont les travaux nécessaires à mener dans les domaines des politiques et de la recherche et à améliorer la coordination (y compris la mobilisation des ressources) et l'échange d'informations entre les partenaires.

Morsures de chien dans 99 % des cas humains

Dans cette optique, l'OIE, l'OMS et la FAO tiennent à mettre réellement en oeuvre le principe Une seule santé, selon lequel les politiques doivent allier les interventions en matière de santé animale, de santé humaine et de salubrité de l'environnement.

« Dans le cas de la rage, cela signifie qu'il faut investir de manière coordonnée en faveur de la vaccination de masse des chiens en tant qu'initiative de santé publique et améliorer la surveillance et la collecte de données, ainsi que la sensibilisation des communautés, et garantir l'accès à un traitement abordable contre la rage humaine (prophylaxie post-exposition) », expliquent les trois partenaires.

Jusqu'à 99 % des cas de rage humaine sont dus à des morsures de chiens et la lutte contre la rage est considérée comme un « modèle » pour améliorer la lutte contre les zoonoses de façon plus générale. Toutefois, les investissements en faveur de la vaccination des chiens, de la surveillance de la rage et des systèmes de surveillance restent faibles dans la plupart des pays où il y a des cas de rage.

Couvrir 70 % de la population canine à risque

La recherche scientifique et les données de terrain montrent que les campagnes de vac cination de masse des chiens couvrant 70 % de la population canine à risque peuvent conférer une immunité collective contre la rage et sont le seul vrai moyen d'interrompre le cycle infectieux entre l'animal et l'Homme.

Cela pourrait réduire sensiblement le nombre de décès causés par la rage humaine.

Selon la directrice générale de l'OIE, notre consoeur française Monique Eloit, « c'est une maladie que nous pouvons vaincre mais plusieurs solutions sont possibles ». « Nous devons collaborer dans les secteurs de la santé humaine et de la santé animale et avec les communautés touchées. Ainsi, nous pourrons éliminer la maladie tout en bâtissant des systèmes plus solides pour détecter et combattre d'autres maladies », explique-t-elle. M.J.

Article paru dans La Dépêche Vétérinaire n° 1543

Envoyer à un ami

Password lost

Reçevoir ses identifiants