Covid-19 : comment faire face au risque dans la clinique

Des marquages au sol ainsi que des cordons peuvent être mis en place afin de faciliter la communication visuelle auprès de la clientèle.

© D.R.

Ioana DURLEA

ASV

(75008 Paris)

Pandémie

Il est essentiel que des acteurs de la santé publique que sont les ASV* et les vétérinaires adaptent leur pratique pour faire face au Covid-19 tout en assurant la continuité des soins. Limiter les déplacements et le nombre de personnes présentes dans la structure, limiter leur stock et les ventes, annuler les rendez-vous non urgents font partie des mesures à mettre en place.

Le milieu vétérinaire connaît un bouleversement sans précédent depuis l'apparition et la multiplication des cas de Covid-19 en France. Tous les lieux publics non essentiels et favorisant le rassemblement ont donc été, logiquement, fermés. 

Les établissements de soins vétérinaires étant considérés comme essentiels, ils ne sont donc pas soumis à l'obligation de fermeture visé par l'arrêté du 14 mars 2020. 

La profession vétérinaire a donc la mission d'assurer la continuité des soins auprès des animaux nécessitant une prise en charge immédiate ou qui ne peut être différé sans mettre en danger la santé de l'animal. La vente d'aliments est également autorisée. 

Pour autant et pendant toute la durée du confinement, certaines mesures d'hygiène indispensables doivent être prises afin de garantir la sécurité sanitaire du personnel soignant, ainsi que celle de la clientèle. Le fonctionnement de la structure doit être naturellement modifié et adapté au contexte de santé publique.

Organiser le déplacement dans la clinique

Afin de limiter la propagation du virus, seul le propriétaire légal de l'animal ou une personne majeure choisie par ce dernier sera admis dans l'enceinte de la structure.

Les accompagnants ne seront pas autorisés à rentrer et devront patienter à l'extérieur.

Il pourra, si nécessaire (animal difficile à examiner seul), entrer en salle de consultation mais il ne lui sera pas autorisé de se déplacer librement dans la clinique.

Des marquages au sol ainsi que des cordons peuvent être mis en place afin de faciliter la communication visuelle auprès de la clientèle.

Il est tout à fait possible également d'interdire l'accès à la salle de consultation. Le propriétaire pourra ainsi informer le vétérinaire des symptômes de l'animal derrière le cordon sanitaire prévu à cet effet ou par téléphone. 

Un périmètre de sécurité d'un mètre devra être mis en place pour limiter au maximum le contact des soignants avec les clients, notamment sur le point d'accueil et de réglement.

Limiter le nombre de personnes dans l'enceinte de la clinique

Le nombre de personnes dans l'enceinte de la structure doit être volontairement limité, grâce à un système de rotation.

Pour éviter l'affluence dans quelques structures, il est recommandé que la plupart des établissements de soins vétérinaires continuent à assurer les consultations indispensables. 

Il est fortement recommandé de ne pas accepter les personnes malades, même celles non testées positives.

Vente de croquettes et de médicament

Pour fluidifier la vente et limiter le contact et les déplacements au strict nécessaire, il est recommandé à vos clients d'appeler avant de venir s'approvisionner en clinique, afin de s'assurer du stock du produit et de le mettre directement de côté à l'accueil.

Cela permettra de réduire le temps de présence du client et de minimiser les risques de contamination.

Seules les consultations sur rendez-vous seront acceptées

Il est fortement recommandé à la clientèle d'appeler systématiquement avant de se déplacer à la clinique, en expliquant clairement le motif de l'appel.

L'ASV ainsi que le vétérinaire seront les seuls à pouvoir apprécier si la demande relève d'une réelle nécessité ou si la visite peut être reportée.

Pendant la période de confinement, il est recommandé de reporter tout acte qui peut l'être.

Vous pouvez ainsi créer un document informatique qui vous permettra de contacter plus tard votre client et de reprendre rendez-vous.

Ce document devra contenir à minima : le nom du client, le nom de l'animal, le motif de rendez-vous, la date à laquelle le client avait initialement rendez-vous, le numéro de téléphone auquel il peut être joint.

Hygiène renforcée

Dans ce contexte exceptionnel, il est important d'éviter tout contact direct avec le personnel soignant ainsi qu'avec la clientèle.

Dans la mesure du possible, un gel hydroalcoolique peut être laissé à la disposition des clients à l'accueil afin qu'ils puissent se désinfecter les mains dès leur entrée dans l'établissement.

L'hygiène des locaux doit être renforcée. Les sols et surface doivent être nettoyés et désinfectés plusieurs fois par jour, surtout les poignées de porte, et l'aération doit être maximale.

La clinique devra mettre à disposition tout le matériel médical nécessaire à la protection de ses salariés et collaborateurs et limiter au strict nécessaire les équipes sur place.

Communication visuelle auprès de la clientèle

Il est conseillé de communiquer clairement auprès de la clientèle. Pour ce faire, une affiche à caractère informatif, téléchargeable sur le site de l'Ordre des vétérinaires, peut être utilisée. Le SNVEL* propose aussi une affiche téléchargeable (lire ici), approuvée par les organisations vétérinaires européennes. Pour les abonnés papier à La Dépêche Vétérinaire, elle peut aussi être découpée dans le n° 1522 du 28 mars de La Dépêche Vétérinaire, en page 31.

Le chef de l'établissement est libre d'ajouter ou non des consignes qui lui paraîtraient indispensables à la sécurité de ses employés, collaborateurs ainsi qu'a sa clientèle.

Le marquage au sol devra être clairement visible et les barrières sanitaires devront être correctement fixées.

Communication écrite auprès de la clientèle

Un mailing informatif visant toute la clientèle peut être également envoyé, afin de prévenir les clients des mesures prises par chaque clinique ainsi que la conduite à adopter sur place.

Il est vivement conseillé de limiter les prises de rendez-vous au téléphone uniquement. 

Sms, mails et courriers de rappel suspendus

Concernant les consultations ainsi que les chirurgies pouvant être ajournées, il faut penser à bloquer les envois de rappels via les sms, mails ou courrier afin de ne pas inviter les clients à prendre rendez-vous, ce qui par ailleurs donnerait lieu à une quantité de travail importante et inutile.

Conclusion

Il est important de pouvoir adapter le fonctionnement de la structure à toutes les mesures gouvernementales, afin de pouvoir garantir des soins de qualité à nos patients et une hygiène irréprochable dans un contexte épidémiologique sans pareil.

Cet article a été publié dans notre supplément ASV de mars (Dépêche ASV n° 156).

* ASV : Auxiliaire spécialisé vétérinaire.

** SNVEL : Syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.

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